19/12/2013

Changement de blog

Chers lecteurs et contradicteurs, retrouvez mon blog à cette adresse:

http://boulevarddelislamisme.blog.tdg.ch/


28/11/2013

Pour avancer, il faut dévoiler le «Secret» de l’islam

 

Les élites des pays démocratiques se muent en gardiennes du «Secret », soit les versets violents contenus dans le Coran. Selon Daniel Sibony, elles enferment ainsi les musulmans dans leur identité et font le jeu du radicalisme.

 

Depuis que je m’intéresse à la question de l’islam, je me pose la même question: pourquoi lors des multiples polémiques qu’ils traitent, les journalistes n’interrogent-ils jamais leurs interlocuteurs musulmans sur leurs textes et en premier lieu le Coran? Pourquoi ne prennent-ils pas la peine de se renseigner là où chacun peut le faire? Et plus globalement, pourquoi les élites des pays démocratiques dans leur ensemble font-elle de même?

 

C’est qu’il existe selon Daniel Sibony un «Secret» bien gardé, à savoir les dizaines Daniel SIBONY2.jpgde versets qui expriment une «vindicte» contre les juifs, les chrétiens et les non-musulmans (dont le djihad, mais ce mot est banni du livre). (1)  L’auteur traite de cette question par un biais psychanalytique, avec une belle volonté de relier nos deux cultures. On peut inclure dans sa démonstration le traitement des femmes.

 

Deux «culpabilités narcissiques» se tiennent par la barbichette dans cette histoire. D’une part celle de l’Occident qui vise à défendre les musulmans au nom de son passé coupable -shoa, colonisation- et de ses valeurs supérieures. Débattre de ces versets qui excluent l’autre, ce serait «stigmatiser », qui plus est une minorité. Et les minorités, on se fait un devoir de les protéger…. fut-ce contre elles-mêmes. C’est un certain mépris que les élites occidentales expriment ainsi, qui sous-entend que les musulmans sont incapables d’affronter ce problème. Or, Daniel Sibony en est convaincu, ils le sont.

 

Pieux mensonges

 

L’Occident soucieux de sa belle image les enferme ainsi dans leur identité fondamentale, au besoin par de pieux mensonges. Malek Chébel Gilles Kepel ou Tarek Obrou, fervents partisans de la rencontre des cultures, partagent cette «peur de dire» et utilisent divers stratagèmes pour n’avoir pas à dévoiler le «Secret ». L’ONU de son côté participe activement à fixer dans le marbre l’interdiction de parler du contenu violent du Coran.

 

La culpabilité narcissique des musulmans de son côté se traduit par la conviction que leur religion est supérieure et par la crainte que la reconnaissance et la relativisation de ces versets n’altèrent leur identité. De plus, face à une élite si compréhensive, «pourquoi brader ses origines, son âpreté, sa pureté, sa perfection, si on peut les garder et en même temps bénéficier de l’intégration ? », questionne l’auteur.

 

Et pourtant, beaucoup de musulmans, une grande majorité pense Sibony, ont un réel désir de vie pacifique et même conviviale avec les autres. Ils ne sont pas responsables de versets écrits il y a plus d’un millénaire. Il n’est pas question qu’ils modifient leur Texte, mais ils pourraient entretenir un autre rapport avec lui. Cet autre regard permettrait de «reconnaître la violence -extrême- de l’acte fondateur, et de dire qu’elle est obsolète, qu’on n’en est plus là, plutôt que de laisser les extrémistes la mettre en œuvre». Car le maintien du tabou, ce sont surtout les musulmans qui en souffrent, ils sont facilement pris en otage par les fondamentalistes qui les somment de défendre leur Texte sous peine d’être pris pour des traîtres. Les élites tendent au final à renforcer les rangs des plus radicaux.

 

Seuls les «islamophobes»désirent éventer le «Secret »

 

Ces gardiens du Secret doivent exercer une forte pression pour empêcher qu’il ne soit dévoilé. Ils ont fait en sorte qu’évoquer le Coran et sa vindicte, c’est passer pour islamophobe, voire raciste. Au nom de la laïcité, les mêmes disent qu’on n’a pas à se mêler du contenu des textes. Ce qui aboutit à ce paradoxe : «… si quelqu’un dit que les juifs sont des pervers, il encourt une peine de prison, mais s’il enseigne à cent adeptes du Coran que celui-ci tient les juifs pour des pervers, il ne fait que transmettre un texte sacré.»Sibony pose la question clairement : «Faut-il enseigner dans les écoles coraniques des textes appelant à la haine des autres?»

 

Ces élites frappées de culpabilité narcissique sont conduites à limiter de plus en plus la liberté d’expression au point de faire régner un «totalitarisme affable, débonnaire, souriant».

 

Benoît XVI a cru pouvoir éventer le secret à Ratisbonne. Il a dû rapidement battre en retraite. Sibony, juif qui a passé son enfance au Maroc, et ne manie pas (trop) l’angélisme observe : «La culpabilité narcissique cautionne la logique de l’ameutement qui tout au long des siècles, en terre d’islam, a dénoncé ceux qui mettent le Texte à distance.»

 

Des foules «inflammables »

 

Oubrou2.jpgLe psychanalyste ne semble pas toujours convaincu de ses propres thèses. A propos des caricatures danoises, il cite Tarek Oubrou. Celui-ci se prononce sans hésitation pour la liberté d’expression, mais regrette que Charlie Hebdo ne jette de l’huile sur le feu. Sibony observe: «Le problème, c’est que le feu est déjà là, depuis toujours : ces foules sont déjà en feu ou inflammables dès qu’on parle de leur religion sur un mode qui n’est pas le leur (…) Mais il adoucit le constat : «Mais peut-on reprocher à des millions de gens de réagir impulsivement sans se demander d’où vient cette impulsion ni pourquoi elle est irrésistible ? Et si c’était la manière qu’avaient ces masses de soutenir leur tradition et d’aimer leur Texte dans sa globalité, avec ou malgré toute sa fureur contre l’ «insoumis»? »

 

Cette toile épaisse que font peser les élites occidentales -dont une immense partie des journalistes- , étouffante pour les esprits libres, est un fait indiscutable. Moins convaincante en revanche est l’idée qu’une grande partie des musulmans souhaitent lever ce « Secret » et lire d’un autre œil leur Texte. Sibony met délibérément de côté, dans tout son ouvrage, la croyance absolue que le Coran est mot pour mot la parole d’Allah. Et sa conséquence : l’extrême difficulté à accepter toute exégèse. Bien des érudits musulmans se sont lancés dans l’exercice sans acquérir la moindre influence. De même, la confrontation avec l’histoire semble aujourd’hui encore impossible.

 

Pourtant, il est clair que la levée du tabou, un exercice que nos sociétés adorent habituellement, engendrerait un espoir nouveau, un débat obligé. Des lois pourraient aussi y  contribuer. Et aussi l’ONU. Je pense souvent à cette proposition que faisait David Littman, infatigable défenseur des droits de l’homme, dans cette enceinte : «Pourquoi ne pas voter une résolution stipulant : il est interdit de tuer au nom de Dieu.»?

 

 

(1)   «Islam, phobie, culpabilité », éditions Odile Jacob, octobre 2013

12:29 Publié dans Analyse | Tags : sibony, secret, coran | Lien permanent | Commentaires (42)

14/11/2013

Champions de l’innovation, Israël et la Suisse ont beaucoup à s’apporter

Mardi dernier, quelque 400 personnes ont répondu à l’invitation de l’Association Suisse-Israël pour une soirée consacrée aux complémentarités possibles entre nos deux pays. Le constat augure de belles collaborations.

L’un est champion des start up, l’autre recordman de compétitivité : Israël et Suisse ont beaucoup en commun et beaucoup à s’apporter mutuellement. De ce constat est née une initiative de l’Association Suisse-Israël (ASI), section de Genève: mettre en valeur et favoriser diverses collaborations entre les deux pays. Une manière de combattre l’entreprise de délégitimation de l’Etat juif sans se centrer sur la question israélo-palestinienne. Et de considérer (aussi) Israël comme un pays «normal», qui a beaucoup à apporter.

Coup d’essai, coup de maître : mardi 12 novembre, l’association a accueilli à l’Hôtel Président quelque 400 personnes, dont beaucoup d’hommes d’affaires et de représentants de l’économie et de la politique suisses et israéliennes pour une série d’interventions centrées sur ces «pays vecteurs d'innovation et de croissance». C’était un brillant prélude à une série de projets de cette section (dont je fais partie), présidée par Pierre Weiss.

Du beau linge

Schneider_Ammann_5.JPGL’ambassadeur d’Israël en Suisse Yigal Caspi, le conseiller fédéral Johann Schneider-Amman, le président du Conseil d’Etat Charles Beer, comptaient parmi les intervenants de cette soirée, ainsi qu’une brochette de managers.

L’une des chevilles ouvrières de ce projet, Sabrina Cohen Dumani, a rappelé que selon le classement du WEF, « la Suisse est depuis cinq ans championne de l’innovation ». Israël de son côté est un leader dans la création de start up et compte sur son sol une série impressionnante de secteurs R&D de multinationales.

Même nombre d’habitants, mais différence de superficie. On sait la Suisse petite avec ses 41'000 km2. Israël l’est bien davantage : 21'000 km2 dont la moitié formée par le désert du Néguev. L’étroitesse de leur marché intérieur oblige les deux pays à se tourner vers l’exportation.

Forces et faiblesses

Israël invente beaucoup, commercialise rapidement et dans ce pays, d’innombrables start up se dont déjà fait racheter, en particulier par des multinationales. On doit par exemple à la créativité de ces scientifiques la clé USB, les tomates cerise ou un processeur Intel qui a inondé le marché. La Suisse est douée, elle, pour installer ses entreprises dans le long terme, et s’adapter avec efficacité aux évolutions du marché. Les talents qui sortent de ses écoles sont cependant moins audacieux et moins prêts à affronter les risques de l’entrepreneurship. Ils peuvent en la matière apprendre de l’Etat juif.

Côté Israël, la raréfaction de main d’œuvre qualifiée est un grand souci. Il pourrait être allégé par l’expérimentation de notre système d’apprentissage dual. Cette collaboration, appuyée par l’ASI, est en bonne voie de se concrétiser.

Pour en savoir plus sur les forces et faiblesses des deux pays, pour découvrir des exemples de succès économique et d’expériences d’ONG humanitaires, voir sur le site la revue consacrée à ce thème, à laquelle ont collaboré des sommités scientifiques et économiques.

Article paru ce jour dans lesobservateurs.ch

 

10/11/2013

Si j'étais invitée à Ramallah...

 

Arrivé à l’aéroport de Tel-Aviv, le socialiste et poète Sylvain Thévoz s’engage dans la file d’attente et plonge dans une profonde méditation. Doit-il avouer aux douaniers qu’après Israël, il se rendra à  Ramallah où il est invité? « Ce pourrait être une mauvais réponse que de dire la vérité », songe-t-il, surtout à ce « pouvoir discrétionnaire »… Dans la foulée, son esprit divague sur divers forfaits des démocraties, dont Israël.

Manque de chance : l’attente ne dure qu’une heure. Il ne parle pas de Ramallah à la souriante douanière aux yeux verts, et obtient son visa en 3 minutes.

Cette rapidité inattendue n’a pas permis au poète de poursuivre sa méditation, mais il a suggéré la mienne. Et je me demande: « Quelles questions poserais-je à mes hôtes de Ramallah si j'étais moi aussi invitée? »

Leur demanderai-je par exemple quel genre d’Etat ils souhaitent? Est-ce bien une théocratie et qui plus est une théocratie proche de celle des Talibans?

Que deviendront les femmes dans cet Etat alors qu’aujourd’hui déjà, Mahmoud Abbas, conformément à la charia, refuse de durcir les lois qui condamnent les auteurs de crimes d’honneur à quelques mois de prison? Une peine si légère qu’elle incite des meurtriers à faire passer leur forfait (assassinat d’une fille ou femme pour des raisons financières par exemple) pour un crime d'honneur.

A Gaza, l’entreprise d’enfermement vestimentaire et de suppression des droits est déjà bien avancée. Qu’en pensent les artistes de là-bas?

Leur avouerai-je mon haut-le-coeur lorsque je vois leur population (eux-mêmes peut-être?) célébrer des militants aux mains couvertes de sang par des attentats aveugles? Et d’entendre la famille des assassins d’un couple d'Israélien et ses trois enfants (11 ans, 4 ans et 4 mois) s’enthousiasmer à la TV palestinienne de cet acte d'héroïsme?

Leur demanderai-je comment ils ressentent la corruption endémique de leurs autorités alors que l’économie va à vau-l’eau? Le dernier  rapport (il devait rester secret) émane de la Cour des comptes de l’Union européenne. Les auteurs se demandent où sont passés 2,3 milliards d’euros transférés de Bruxelles en Judée-Samarie entre 2008 et 2012.

Irai-je jusqu’à demander à mes collègues comment il est concevable de mener des négociations de paix en compagnie des Frères musulmans du Hamas, alors qu’ils ont toujours affirmé que pas un pouce de terre ne doit revenir à Israël ? Et qu’ils fondent leurs actions sur une charte théocratique et abjecte?

Je les interrogerais sur le "mur de séparation": qu'auraient-ils fait à la place d'Israël pour mettre fin aux attentats sans fin qui ensanglantaient les civils israéliens?

Enfin, pourquoi ne pas inviter mes hôtes à un débat de fond: j’avais toujours cru que le sionisme était le «retour à Sion» des juifs selon le mouvement de Herzl. Les juifs ont leur Etat. Que désirent faire d’Israël ces armées d’Occidentaux qui se disent «antisionistes»? Pourquoi ce mot est-il devenu une insulte qui fait frémir ceux qui en sont l’objet?

Plus délicat encore: je pourrais leur demander comment Israël peut «coloniser» un pays qui n’a jamais existé? Une région divisée en districts par les occupants Ottomans, puis dessinée par les occupants Britanniques qui en ont pris la plus grande partie pour créer la Jordanie arabe (à majorité palestinienne). L'ONU a proposé deux petits États sur la superficie restante, l'un arabe et l’autre juif. Qu'est-ce qui était si insupportable pour les Arabes musulmans dans la création d'un minuscule Etat juif qui se portait garant du respect des autres religions?

Je les interrogerais: était-il rationnel d’avoir refusé cette partition par le biais de trois guerres pour demander ensuite qu’on leur accorde le pays qu'ils ont obstinément refusé?

Et je prendrais bien quelques leçons de communication afin de comprendre comment les descendants des Arabes palestiniens sont en train de gagner la quatrième guerre, médiatique et politique.  

Enfin, lors de mon retour, pour une attente peut-être un peu plus longue à l’aéroport, je me réserverais cette question: comment ma petite Suisse réagirait-elle si tous les Etats qui l’entourent la haïssaient, rêvaient de la rayer de la carte, de même qu’un peuple islamiste niché au cœur de sa terre?


La suite du feuilleton, où le poète poursuit sa fructueuse méditation sur les pailles israéliennes en oubliant les poutres palestiniennes  nous indiquera ce que le poète a voulu savoir.

 


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06/11/2013

Les chercheurs suisses sont des experts en enfumage islamique

Les Suisses se méfient des musulmans. Ceux-ci mettent donc en œuvre des stratégies subtiles pour imposer leur religion, ce que décrivent avec ravissement les chercheurs. Les Frères musulmans ne leur font pas peur et certains apprécient beaucoup les Indigènes de la République.

Si vous avez besoin d'une bonne dose de tranquillisant concernant l’islam et les associations musulmanes, précipitez-vous sur «La Suisse des mosquées», dirigée par Christophe Monnot et résultat de cinq enquêtes. Une douzaine de chercheuses et chercheurs sont allés explorer le terrain grâce à la générosité du Fonds national de la recherche scientifique. Ils ont découvert  que le terrain reflétait exactement ce qu’ils pensaient.(1)

Quelle méthodologie ? D’abord, sans le dire, on époussette tout ce qui pourrait gêner la démonstration: le contenu de l’islam littéral, celui des mosquées, le sexisme du foulard et d’autres prescriptions, les revendications réactionnaires, le fondamentalisme des leaders religieux suisses (cf Islamophobie ou légitime défiance?). On évacue l’Europe, les exigences sans fin, les prêcheurs de haine, les déchirements incessants, les émeutes... On oublie le carrousel d’atrocités perpétré dans les pays islamiques et leurs conflits interreligieux. On ignore ce monde qui s’enfonce dans l’obscurantisme. Et il reste un aquarium de poissons multicolores, les mosquées et associations suisses, dont les membres vivraient heureux s’ils n’étaient entourés de tant d'esprits suspicieux.

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19:24 Publié dans Analyse | Tags : monnot, recherche | Lien permanent | Commentaires (12)

03/11/2013

Québec: vous avez dit intégration?


« C’est là le programme pervers, sadique de tous les totalitarismes religieux ou politiques: que la victime finisse par vouloir le mal qui lui est fait. Qu’elle en vienne à concevoir que cet esclavage est sa liberté. »                     Jack-Alain Léger


Québec : le sexisme de ceux qui dénoncent la Charte «sexiste» [images]

Voir sur Postedeveille les autres images prises sur la page facebook d'une association musulmane québécoise.  Des images plus parlantes qu'un long discours sur le choc de civilisations auquel nous devons faire face.

Natation_Quebec1.jpg

 

Natation_Quebec2.jpg

30/10/2013

Voile et burqa: "Lettre ouverte à Martine Brunschwig Graf"

 

Par Gilles Vuilliomenet

(Réponse de la présidente de la Commission fédérale contre le racisme après les notes)


Voici quelques semaines que le problème du voile et de la burqa sont remontés à la surface. J’ai ressenti comme un certain mépris dans votre accueil du choix des Tessinois et trouvé arrogante votre manière de traiter le sujet.

Un des arguments que j’entends de part et d’autre est que nous n’avons pas à nous immiscer dans le combat féministe des musulmanes. Il est quand même surprenant de constater qu’il y a quelque 30 ou 40 ans, il était plus courant de voir des femmes musulmanes vêtues à l’occidentale que portant le voile islamique ou, pire, des vêtements genre sac poubelle, dans les pays musulmans. Donc, drôle de combat que mènent ces féministes musulmanes qui se fait de manière régressive. Il suffit d’observer ce qu’il en est aujourd’hui en Afrique du Nord, en Iran, au Pakistan, en Afghanistan jusqu’en Indonésie.

Nous voyons apparaître depuis plusieurs années les mêmes phénomènes dans la quasi-totalité des pays occidentaux. Je doute que les minimiser, voire les nier, soit la solution. On le voit en France où les autorités ont baissé les bras. La police, pour éviter les émeutes, préfère ne plus verbaliser par crainte de violences. Les menaces de désobéissance civile proférées par Abdullah N. Blancho lors du débat d’Infrarouge du 1er octobre sont de la même veine, menaces qu’il a réitérées lors d’un débat qui s’est tenu à Montreux le 3 octobre 2013, débat auquel vous auriez dû assister car instructif quant à l’incompatibilité entre nos deux mondes (1). Je vous signale qu’au Québec aussi ces signes ostentatoires de l’islam posent problèmes et qu’il y est question d’introduire une Charte des valeurs visant à interdire le port du voile dans les services publics. Je vous invite par ailleurs à lire ce qui semble être un avis de droit sur la question du voile et autres colifichets qui infériorisent la femme (2).

Il est évident que le voile islamique est une des armes de l’islamisation de l’Occident, Suisse comprise, pour tester notre résilience.

Arrêtons de penser que la critique de l’islam ainsi que l’islamophobie sont une forme de racisme. Les musulmans sont les premières victimes des lois d’Allah sacralisées dans le Coran qu’un élu néerlandais, Geert Wilders, a comparé à « Mein Kampf », ce qui l’a conduit devant les tribunaux de son pays. Vous nous parlez de musulmans modérés, vous critiquez les médias de ne pas les inviter assez souvent, mais veulent-ils être sous les feux de la rampe? Pourquoi ne s’expriment-ils pas? Par peur ou par soutien implicite du suprémacisme de leur religion? Nous n’avons aucun moyen de le savoir, ce qui ne peut que nous rendre méfiants vis-à-vis des musulmans.

D’autre part, lorsque les islamistes modérés vous citent le Coran justifiant le port du voile obligatoire, peut-être faudrait-il remettre les choses dans leur contexte comme aiment bien à le répéter tous les prosélytes de l’islam. Voici le verset communément utilisé pour justifier le port du voile :

{ Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qu'en paraît et qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs poitrines ; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris ou à leurs pères ou à leurs frères ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs maris, ou aux femmes musulmanes ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui  ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants ! afin que vous récoltiez le succès} [Sourate 24 - Verset 31]

Il existe d’autres écrits (sourates et hadith) qui justifient le port du voile qui donnent surtout à penser qu’il faut protéger la femme du comportement lubrique des mâles, ce qui est contraire à notre vision des relations hommes-femmes en Occident, ce que vous ne cautionnez pas, du moins j’ose l’espérer.

Dans ce débat sur les vêtements islamiques, il y a un point peu abordé, c’est l’aspect discriminatoire. Porter un voile islamique c’est s’affirmer musulmane et annoncer que celui qui voudra devenir son mari devra obligatoirement être musulman ou converti (3). Si ce type de comportement n’est pas sectaire, discriminatoire, je me demande ce que cela peut être. Je vais même plus loin, c’est également une forme de prosélytisme.

Je vais plus loin. Serait-on obligé d’accepter le voile islamique pour la simple raison que cela est inscrit dans le « livre sacré » que l’on nomme Coran, parole d’Allah incréée ? Si oui, je devrais en déduire que tout bon musulman devrait soumettre les mécréants à l’islam :

{Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'association et que la religion soit entièrement à Allah seul.} [Sourate 2 – Verset 193]

Des versets bien plus violents sont inscrits dans le Coran, tout comme le verset concernant le port du voile islamique. Il serait temps de comprendre l’islam pour combattre cette islamisation insidieuse (4).

Peut-on, aujourd’hui, au nom des Droits de l’Homme, accepter tout et n’importe quoi ? Il est interdit, dans une assemblée, de séparer les noirs des blancs, par contre personne ne trouve rien à redire d’une séparation hommes/femmes dans de nombreux lieux de culte, ou de la valeur de la femme qui n’est que la moitié de celle d’un homme. Cherchez l’erreur ! Pourquoi devrions-nous céder à ces chantages permanents alors que les 57 pays membres de l’OCI ne les respectent pas ? Ils adhèrentà la déclaration des droits de l’homme musulman connue sous le nom de Déclaration du Caire qui a pour base la charia. Pour faire taire toutes critiques de l’islam, cette organisation cherche à imposer la criminalisation au niveau international du blasphème et de la diffamation des religions, cela se fait sous une dénomination anodine, le processus d’Istanbul (5). Je ne vois donc pas pourquoi nos Démocraties ne pourraient pas imposer leurs manières de vivre et de se comporter selon l’adage « à Rome fait comme les Romains ».

Je suis sidéré du silence coupable de nos dirigeants suite aux innombrables persécutions des minorités religieuses dans les pays musulmans : Nigéria, Maroc, Algérie, Tunisie, Lybie, Egypte, Syrie, Afghanistan, Pakistan, Bangladesh, etc… et je ne parle pas de celui des associations de lutte contre le racisme. La grande offensive de l’islam contre les non musulmans ne serait-elle que le pur produit de nos imaginations fertiles ? Pourtant des exemples de cette islamisation insidieuse, il n’en manque pas, c’est être lâche que de vouloir regarder ailleurs pour ne pas à avoir à prendre position, certains critiques n’hésitent pas à parler d’esprit de Munich et à mes yeux de simple citoyen, ils n’ont absolument pas tort (6). Par contre, quand la Suisse est épinglée, que n’entendons-nous pas ! A croire que nous sommes les pires criminels. Bien entendu, ces critiques viennent souvent de la très démocratique Commission des non-droits de l’homme de l’ONU ou de l’association islamophile Amnésie Internationale.

Pourquoi tous ces silences ? Personnellement, je doute que ce soit par niaiserie ! Par vos prises de position, vous faites le lit des barbus, vous condamnez notre civilisation à une mort certaine. Si nous arrivons à gagner cette guerre qui ne dit pas son nom, vous aurez des comptes à rendre aux peuples libres (7).

 

(1) http://ripostelaique.com/debat-cassen-ramadan-texte-complet-dechanges-parfois-vifs-mais-toujours-courtois.html

(2) http://www.ledevoir.com/politique/quebec/390255/un-commentaire-douteux-fonde-sur-une-ideologie-contestable

(3) http://ripostelaique.com/creche-baby-loup-il-ne-sagit-pas-de-laicite-mais-de-discrimination-islamique.html

(4) http://www.postedeveille.ca/2011/10/comprendre-lislam-pour-combattre-lislamisation-par-olaf-de-paris.html

(5) http://www.libertiesalliance.org/2012/08/20/les-dangers-du-processus-distanbul/

(6) http://www.postedeveille.ca/2011/10/laches-avec-hitler-laches-avec-les-islamistes.html

(7) http://www.dreuz.info/2011/02/en-2050-aura-lieu-a-nuremberg-le-proces-des-nazislamistes-par-michel-garrote/

 

La réponse de MBG:

"Monsieur, j'ai pris connaissance de votre lettre ouverte. Je l'ai lu avec attention. Elle ne se réfère pas aux propos que j'ai tenus et je n'ai pour ma part, jamais évoqué le combat féministe des femmes musulmanes dans les termes que vous utilisez au début de votre courrier. J'ai moi-même dû, dans l'exercice de mes fonctions, renvoyer un enseignant qui prônait la lapidation et gagné à la Cour européenne des droits de l'homme avec l'interdiction que j'ai dû prononcer pour une enseignante qui souhaitait porter le foulard islamique devant sa classe. Je ne suis pas aveugle. Mais c'est vrai, je ne mets pas tous les musulmans dans le même panier. Par ailleurs, mes propos n'ont jamais été méprisants pour les citoyens, les reproches que j'ai faits s'adressaient aux autorités. Et l'arrogance ne fait pas partie de mes défauts. Avec mes meilleurs messages."

19:07 Publié dans Humeur | Tags : brunschwig voile | Lien permanent | Commentaires (2)

20/10/2013

Des Qébécois tentent de freiner l'emprise de l'intégrisme par une charte

 

« Islamisme, comment l’Occident creuse sa tombe » est le dernier ouvrage d’Hamid Zanas, militant d’origine algérienne qui combat avec constance l’islamisation de nos sociétés. Il  a rassemblé une quinzaine d’interviews de militants d’origines musulmane et occidentale réalisées entre autres pour Al Awan, revue de la Ligue des rationalistes arabes. *

 

Je reprendrai de ce petit livre l’état des lieux de l’offensive intégriste au Canada dressé par Louise Mailloux (mars 2013). Elle alimente le vif débat qui se déroule aujourd’hui au Québec à propos du projet de « Charte des valeurs » . Il vise à garantir la neutralité des pouvoirs publics en matière religieuse. Il concerne principalement le voile islamique, symbole qui comme partout fleurit sur la tombe de l’égalité des sexes et de la dignité humaine : «Homme, tu te maîtrises mal à la vue de mon corps et de ma chevelure? Je les cache donc pour t’aider à te conduire en être civilisé.»

Le Canada abrite un nombre impressionnant de groupes islamistes, et beaucoup font la promotion de la charia. Des imams présents sur le sol canadien ou invités à des manifestations prononcent des discours qui expliquent les bienfaits des amputations, des lapidations ou de l’exécution des homosexuels. Des polémiques éclatent régulièrement.

Les mosquées sont souvent financées par le Qatar, l'Arabie saoudite ou l'Iran. Certaines collectent des fonds pour le Hamas ou le Hezbollah, finançant le terrorisme.


Quelques exemples de l’islamisation en cours :

  • En Ontario, la demande de création de tribunaux islamiques, appuyée par le gouvernement, a failli réussir en 2004.
  • Le Congrès islamique canadien exhorte les musulmans à exiger la ségrégation des sexes dans les hôpitaux. Le Conseil canadien en relations islamo-américaines (CAIR-CAN), lobby très actif des Frères musulmans, a obtenu en justice, contre la volonté du gouvernement québécois, que les gardiennes de prisons de la province puissent porter le voile.
  • Les universités font face à l’activisme de très nombreuses associations musulmanes. Elles ont gagné la confiance de toute une élite, souvent de gauche, qui défend leurs revendications. Ainsi en 2011, Montréal a accueilli la 2ème « Conférence mondiale des religions » organisée par l’universités McGill et celle de Montréal. Son but: discuter d'une Déclaration universelle qui accorderait aux religions le droit de ne pas être dénigrées par les médias et le milieu académique. Cette même année, McGill a accepté 1,25 mio du Qatar pour son Institut des études islamiques.
  • En 2003, des étudiants et islamistes du Québec ont obtenu par voie judiciaire l'obtention d'une salle de prières sur le campus. Depuis lors, ces salles se multiplient.
  • Des groupes féministes influents qui défendent le port du hijab et même parfois du niqab dans les institutions et les services publics. Ceux-ci comptent un nombre croissant de femmes et filles en foulards,  particulièrement les garderies et les écoles publiques, élèves compris.
  • En décembre 2012, la Cour suprême a autorisé le port du niqab dans les Cours de justice pour certaines situations.
  • A la demande de parents qui condamnent le chant au nom de principes religieux, un casque d'insonorisation a été fourni à une fillette de Montréal pour les cours de musique.
  • Le refus de la mixité s’étend. Exemple: des musulmanes demandent de passer le permis de conduire avec une femme. Des «cliniques de sang» acceptent l’exigence de musulmanes d'être prises en charge par une infirmière, de seulement relever leur manche et d'être placées derrière un paravent.
  • Des piscines publiques accordent des plages horaires en fonction des sexes. L’exemption de cours de natation pour les jeunes filles n’est pas rare.
  • Durant le ramadan, les demandes de report d'examens sont de plus en plus fréquentes. Et il arrive, comme en France, que des élèves refusent les cours de natation durant cette période, de crainte d'avaler de l'eau.
  • Lors de la Fête de l'Aïd où les musulmans égorgent ou font égorger un agneau en sacrifice à Dieu, le premier ministre du Canada (réd. comme celui de France) offre publiquement ses vœux.
  • Une cafétéria est transformée en « mosqueteria » le vendredi à l’école publique de Valley Park de Toronto. Garçons au premier rang, filles derrière, et tout au fond « impures » qui ont leurs règles et sont interdites de prières.
  • De plus en plus d'abattoirs demandent la certification halal. Sur l'île de Montréal, des garderies servent des repas halal pour tous les enfants. Même tendance dans les prisons.
  • Écoles publiques: le personnel religieux reçoit des congés supplémentaires pour ses fêtes. Tensions avec les athées.

 

Enfin, il existe à une cinquantaine de kilomètres de Toronto un rêve de tant de communautés islamiques : Peace Village, une enclave musulmane des ahmadis, population d’origine pakistanaise. Toutes les rues convergent vers la mosquée, avec femmes voilées et hommes en habits traditionnels. Il n’existe que des restaurants halals, et aussi des maisons pourvues de cloisons amovibles permettant de séparer hommes et femmes. Cimetière exclusivement réservé aux musulmans.

Quelle est la réaction des musulmans "modérés" devant cette extension de l’islam intégriste? Une seule organisation combat ouvertement les islamistes: le Congrès musulman canadien (CMC) dont les dirigeants reçoivent régulièrement des menaces de mort.

Les Canadiens n’échappent pas non plus aux liens entre de groupes locaux avec  le terrorisme. Des rapports du Service canadien de sécurité et de renseignements (SCRS) mettent en garde contre la radicalisation. Des extrémistes s'engagent dans le djihad.

 

On résume? Comme partout en Occident, les revendications musulmanes se concentrent sur le sexisme et la bigoterie, tous deux imposés dans des sphère croissantes de la société. Partout: le masquage du corps des femmes. Dans les institutions publiques et entreprises : le combat contre la mixité, l’imposition d’une nourriture « sacrée », la multiplication des salles de prières, des aménagements pour le ramadan. Et plus les concessions pleuvent, appuyées par d’innombrables idiots utiles,  plus les revendications se multiplient.  Elles n’empêchent en aucune façon la radicalisation d’une frange de la communauté.

Quelqu'un voit-il un enrichissement dans une seule de ces revendications? Et une seule raison de refuser cette "charte des valeurs"? Eh bien, croyez-moi, elle sera néanmoins refusée par les politiques. Parce que nos élites, contrairement à une majorité de leur population, marchent sur la tête. Témoin Vincent Strohbach, un vert blogueur.

 

*Les Editions de Paris, Max Chaleil. Interviews de Nadia Geerts (ALL), Hamed Abdessamad (ALL), Joachim Véliocas (FR), Jocelyn Bézecourt (FR), Michèle Vianès (FR), Anne Zelensky (FR), Louise Mailloux (CA), Djemila Benhabib (CA), Mojahed al Bosify (NL), Wafa Sultan (US), Aldo-Michel Mungo (BE), Mohamed Moksidi (CH), Sami Aldeeb (CH), Mireille Vallette (CH).

11/10/2013

Lampedusa et autres naufrages: non, je n'ai pas honte

 Non,  je n’ai pas honte du drame qui a frappé plus de 300 réfugiés de la misère à Lampedusa. Je ne me sens pas responsable de ces pauvres gens qui meurent en tentant d’atteindre nos libres rivages.  

 

Je n’ai pas honte, parce que les coupables de ces catastrophes sont les gouvernements et les fanatiques de leurs pays, arabes et africains en particulier, plus occupés à se remplir les poches et à s’entretuer pour des questions ethniques ou religieuses qu’à développer l’économie de leur pays.

 

Je n’ai pas honte, car depuis les années 90, l’Europe a accueilli d’innombrables immigrés économiques venus au titre de l’asile. Et ceci malgré des tentatives de certains pays, dont la Suisse, de freiner ce mouvement. Elle reste toujours première au hit parade de l'accueil

 

Je n’ai pas honte et je suis même fière de nos démocraties qui appliquent ainsi depuis des décennies leurs valeurs humanistes et se sont montrées extraordinairement généreuses dans l'aide à l’intégration de ces immigrés. Une intégration qui aujourd’hui ne fonctionne plus.

 

Je n’ai pas honte et je suis même extraordinairement reconnaissante à nos sociétés d’être les seules qui offrent à leurs citoyens aide et protection de la naissance à la mort, droits à l’éducation, au travail, à la justice, y compris pour ses étrangers. Je comprend que cette réalité attire comme un aimant.

 

J’ai honte pour ces organisations humanitaires et ces journalistes qui eux vomissent sur ces sociétés et leurs citoyens « indifférents » et « égoïstes ». J’ai honte pour ces irresponsables qui tentent par leur souverain mépris de faire place à davantage d’immigrés.

 

J’ai honte de ne les entendre jamais afficher un tel jugement à l’endroit de pays qui ne respectent rien, commettent des actes barbares et dont certains tiennent en esclavage leur main d’œuvre étrangère. Des pays plus riches que les nôtres, auxquels nul ne songe, et surtout pas nos gouvernements, à demander des comptes. 

 

J’ai honte que nos indignés fassent semblant de ne pas voir que de nombreux pays européens font face à des difficultés économiques majeures qui les empêchent de continuer à ouvrir grand leurs portes aux centaines de milliers de réfugiés qui se présentent (330'000 en 2012). Des indignés qui font semblant d'ignorer que des dizaines de millions souhaitent les imiter.

 

J’ai honte que le HCR fasse une demande à l’Europe qui n’a aucun sens: accueillir quelques dizaines de milliers de réfugiés syriens -sur deux millions!- qui ne parlent pas un mot de notre langue, qui sont totalement étrangers à notre culture, et qui vont grossir les rangs d’une communauté religieuse qui pose déjà d’innombrables problèmes et dont une fraction menace gravement nos démocraties.

J'ai honte pour tout ce monde de bien-pensants qui demande aux démocraties d'accueillir sans cesse de nouvelles victimes, plutôt que se demander comment contrer la descente aux enfers du monde dont elles viennent.

 

Lire d'urgence si ce n'est déjà fait: "Migrants: un problème sans solution" de Philippe Barraud.


 


09/10/2013

Pour nourrir "l'islamophobie", rien de tel que la burqa

 

Opinion parue dans Le Temps du 9 octobre 2013

( Ci-dessous: gras, couleur et intertitres en sus)

La question d’autoriser le niqab est débattue dans tous les pays démocratiques. Or tous promeuvent l’égalité entre hommes et femmes comme valeur-phare. A l’heure actuelle pourtant, seuls la France, la Belgique et notre petit Tessin interdisent cet habit totalement contraire à cette valeur.

 

Nul n’ignore que le niqab est le symbole de l’asservissement absolu des femmes en islam. Nul n’ignore que celles qui sont obligées de le porter là-bas sont victimes des pires violences. L’abbaya en Arabie saoudite, la burqa en Afghanistan, le tchador en Iran, le niqab dans d’autres pays...

 

Nul n’ignore que tout groupe islamiste qui prend le pouvoir a pour priorité de voiler de pied en cap les femmes, châtiments inhumains à la clé. En France, les provocations incessantes de femmes en niqab lors de contrôles témoignent aussi que niqab et islam radical vont de pair. Pas de surprise donc que la première promotion de ce vêtement vienne d’une alliée de Nicolas Blancho.

 

C’est ce symbole de misogynie et de radicalisme que défendent tant de compagnes et compagnons de route de l’intégrisme, pas encore lassés des revendications rétrogrades auxquelles ils sont confrontés. Après l'expansion des foulards, après les demandes de dispenses de gym, de natation, de camps scolaires, la réclamation de certificats de virginité, de port du burkini, quelles autres exigences à l'avenir? Le niqab dans les lieux de travail ? Le vêtement qui dissimule aussi les yeux ? Les appartements séparés en parties hommes et femmes (on en trouve déjà en France)? Une partie de la charia introduite dans notre droit (suggestion d’un professeur d’université dans un bulletin de la Commission fédérale contre le racisme).

 

J’invite ceux qui invoquent le faible nombre de niqabs en Suisse à regarder ce qui se passe en Europe, où tant de ces signes de radicalisation et d’islamisation se propagent –je l’ai illustré au fil de 250 pages. Ils sauront sans l’ombre d’un doute que le vent funeste qui se déchaîne dans le monde musulman souffle aussi chez nous.

 

Les musulmans devraient se sentir stigmatisés par l'apparition du niqab

Au lieu de se sentir stigmatisés par l’apparition du niqab et de demander eux-mêmes son interdiction -une occasion de faire baisser le sentiment anti-musulman- les porte-paroles et imams exigent qu’il soit autorisé. Pourquoi cette volonté de nous imposer une image effrayante de leur religion ?

 

Et ils s’indignent de « l’islamophobie»? Cette nouvelle exigence ne manquera pas de l’alimenter. Mais dans le fond, n’est-ce pas une aubaine pour les fers de lance de ce mouvement de conquête politico-religieux? Quelle bonne occasion de poser un nouveau pion, d’imposer une nouvelle pratique réactionnaire, d’élargir l’espace de cet islam jamais revu à la lumière de l’humanisme… Révision tant souhaitée entre autres par l’amoureux des « cultures d’islam » Abdelwahab Meddeb, un des plus fins connaisseurs de cette religion, adversaire par ailleurs du foulard.

 

Ce foulard islamique -en pleine expansion- n’est pas de nature différente du niqab. Il répond à l’exigence que les femmes cachent leur corps et leur chevelure afin d’aider les hommes à maîtriser leurs pulsions sexuelles. Quelle humiliation pour les deux sexes! Mais il est aussi dans nos sociétés l’étendard de l’islam prosélyte et de l’absence de liberté de conscience (ces femmes, nous dit ce vêtement, sont réservées à leurs coreligionnaires). Cette liberté de conscience tellement invoquée par les partisans du niqab n’existe ni dans les textes islamiques, ni dans aucun pays musulman. Et en Europe? Lorsque Jean-Pierre Chevènement a créé les fondations du Conseil français du culte musulman (CFCM), il a demandé aux associations de signer une charte où elles reconnaîtraient cette liberté. Elles ont refusé.

 

Les musulmanes progressistes s'indignent du foulard

Les musulmanes qui connaissent cet islam archaïque sont elles aussi non seulement opposées au niqab, mais au foulard. Parmi elles: Saïda Keller Messahli, d’origine tunisienne, présidente du Forum pour un islam progressiste. Chadort Djavann, Iranienne, qui estime que faire porter le foulard à des mineures devrait être considéré comme de la maltraitance. La Canadienne Djemila Benhabib, d’origine algérienne, qui se bat pour l’introduction d’une charte de la laïcité au Québec. L’Allemande Necla Kelek, d’origine turque, qui a réussi à faire diminuer les mariages forcés de filles anatoliennes pratiqués par les Turcs-Allemands. L’Américaine Wafa Sultan, d’origine syrienne, qui a atomisé sur Al Jazeera des cheiks et leur islam archaïque. Ces femmes et tant d’autres chérissent nos libertés et s’indignent de la complaisance de nos élites vis-à-vis de l’offensive de l’islam obscurantiste dont témoigne aussi l’extraordinaire succès des Frères musulmans, y compris en Suisse.

 

Tous les sondages témoignent qu’une forte majorité des citoyens des pays européens considèrent l’islam comme intolérant. S’ils pouvaient s’exprimer, gageons que la quasi totalité voteraient l’interdiction du niqab. Mais la démocratie ne s’applique pas à certains domaines. Donc, soutenus fermement par nombre d’«idiots utiles», l’islam intolérant et misogyne n’a pas fini de prospérer.

 

Après combien de concessions et de démissions nos démocraties oseront-elles poser des limites, intervenir, voire interdire?

 

Mireille Vallette

Journaliste, auteure de «Boulevard de l’islamisme», éd. Xénia et « Islamophobie et légitime défiance? », éd. Favre.

 

 

 

 

05/10/2013

Burqa Blues…

 

Jeudi a eu lieu à Montreux un débat sur la burqa opposant principalement Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève, et Pierre Cassen du site Riposte laïque.* Le thème a largement débordé sur l'islam d'aujourd’hui dans nos sociétés.

 

Une centaine de personnes étaient présentes, dont une grande majorité de musulmans. Les deux débatteurs (voir la vidéo des premiers échanges) ont témoigné d’un respect de l’adversaire qui a permis à chacun d’exprimer ses idées sans être interrompu. Dans le public, le débat était un peu plus vif, mais il n’a jamais dégénéré. Réalité à apprécier à sa juste valeur: une telle confrontation est par exemple impossible en France, vu l’ambiance actuelle. Et aussi parce que Pierre Cassen n’est jamais invité au moindre débat: la quasi-totalité des médias qualifient RL de site d’extrême droite et en conséquence le boycottent. *

 

J'ai retiré de cette soirée une plus grande compréhension sur la manière de ressentir leur religion par ces musulmans. Mais cette compréhension m’a déprimée davantage encore à leur sujet.


Hani Ramadan était à la hauteur, maniant  parfaitement le mensonge et la provocation et nous jetant avec aisance ses exigences à la figure au nom des valeurs qu’il rejette. L’intelligence et la maestria de Pierre Cassen lui ont permis de démonter largement ce discours exclusivement manipulateur.


Mon désespoir vient de ce que j’ai entendu de la part des croyants du public, dont de nombreuses jeunes filles voilées.


J’avoue avoir cru jusqu’ici que la plupart des musulmans suisses, dont ces jeunes filles souvent nées dans notre pays, soutenaient la burqa davantage comme un pion de plus à avancer pour imposer leur religion que comme un habit qui pourrait les tenter. Ce qui m’a d’abord surprise, c’est de constater jeudi que la burqa était pour elles un vêtement islamique tout à fait naturel. Je porte le voile, tu portes le niqab, ma nièce la burqa, nous sommes toutes sœurs et en route pour le paradis... Inch Allah.

    

 Mais ce qui m’a pétrifiée, c’est leur réponse à la question: y a –t-il parmi vous des filles qui porteraient la burqa si elle était tout à fait acceptée (y compris au travail)? Au moins trois d'entre elles ont acquiescé et d’autres donnaient l’impression d’être vivement tentées.  Aucune ne semble avoir été choquée.


Pour ces jeunes filles, la burqa et ses variantes ne sont en aucun cas le signe de l’absence de droits des femmes dans les pays ou ils sont portés (abbaya en Arabie saoudite et au Yémen, burqa en Afghanistan, tchador en Iran... niqab en croissance constante dans de nombreux  pays, parallèlement à l’islam radical).


Deuxième constat de cette soirée, mais celui-ci est une confirmation: il est impossible à une très grande majorité des disciples de Mahomet de reconnaître le moindre problème, non seulement dans leurs textes, mais aussi dans la réalité actuelle de l’islam. Ainsi, lorsque Soumia Khaled, qui s’affirme non pratiquante mais croyante, explique qu’elle subit des actes d’intolérance croissants en Suisse et plus encore au Maroc (parallèlement à l’augmentation des niqabs), ses « sœurs » voilées manifestent immédiatement plus que des doutes. L’une d’elles apporte même la preuve de la mauvaise foi de Soumia par le fait qu’elle-même se rend souvent aussi au Maroc et n’a absolument pas observé ce phénomène.


Mêmes dénégations lorsqu’un participant qui a sillonné il y a 30 ans de nombreux pays islamiques affirme que voiles et niqabs étaient infiniment plus rares.  Il a mal vu, comme tous ceux qui ont constaté cette ouverture de l’islam et une émancipation des femmes pleine de promesses durant deux tiers du XXe siècle.


Face à un tel degré de cécité (volontaire ou non), il devient impossible d’imaginer le moindre rapprochement entre la foi obstinée de cette pieuse communauté et les valeurs d’ouverture et de liberté de ceux qui représentent encore une large majorité des citoyens.


Cette foi de combat sans concession, cette conviction d’avoir le droit de porter ses signes et de pratiquer ses rites dans tous les secteurs de la société, cette impossibilité de renoncer à la moindre revendication pour témoigner d’un début de volonté de se rapprocher de la population majoritaire promet encore, en Suisse comme ailleurs, des lendemains cuisants.

·         * Voir le compte-rendu de Caroline Alamachère dans Riposte laïque. Je faisais partie des dénommés "Grands témoins", trois personnes  auxquelles la parole a été donnée avant le débat avec le public.

Une version de ce papier destiné à Riposte laïque a paru sur son site.


29/09/2013

IV. Farah, l'islam et moi

Avant de donner quelques échos d'un entretien avec une musulmane, je vous recommande un débat qui s'annonce passionnant, organisé au Casino Barrière de Montreux ce jeudi 3 octobre à 20h15. Face à face: Hani Ramadan et Pierre Cassen de Riposte laïque.

 

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Comment les musulmans pieux vivant dans nos sociétés en arrivent-ils à défendre l’islam jusque dans ses pires aspects? Que leur enseignent leurs imams? Farah (prénom fictif)  m’a donné une partie de la réponse.

D’origine algérienne, elle vit depuis une bonne vingtaine d’années en Suisse. Elle y a fait des études universitaires. Elle a cinq enfants et en aurait voulu davantage. Elle m'a reçue chez elle autour d'une tasse de thé.

Couverte de son foulard, le corps dissimulé (ni bras, ni jambes nues), elle se montre chaleureuse, tout de suite à tu et à toi. Aucune question ne la fâche. Elle semble heureuse de son sort et fort proche de son prophète dont elle cite des passages tout à fait sympathiques.

Pour elle, la chose est claire: tout ce qu’ont dit Allah et Mahomet (elle répète la formule traditionnelle en arabe chaque fois qu’elle prononce son nom) est beau, humain, juste.


- Pourquoi Dieu exige-t-il que les femmes portent un foulard ?

     - La  chevelure est un élément de séduction. Les hommes ont des pulsions sexuelles bien plus fortes que les femmes.

Elle ne voit aucun rapport entre les interdits sexuels de l’islam et les affamés de la place Tahrir ou les harceleurs qui palpent les femmes. Pour elle, ces violeurs-harceleurs ne sont que de mauvais musulmans.

     - Mais as-tu remarqué que dans nos sociétés où la mixité est la règle, où les  femmes s’habillent souvent de manière sexy, il n’y a pas de déchaînement sexuel, pas de harcèlement généralisé?

-    - Mais il y a bien plus de viols que dans les pays musulmans!

Je lui parle des discriminations envers les femmes, dont l’exigence d’obéir à un tuteur homme, même pour voyager. 

-    - En fait, ce que tu appelles discriminations à l’égard des femmes, ce sont des mesures destinées à les protéger. Elles sont plus fragiles, moins fortes que les hommes. Elles peuvent être agressées. Je voyage parfois seule, mais je sais que je commets un péché. 

     - Ne trouves-tu pas ce verset méprisant: «Demandez le témoignage de deux témoins (...). Si vous ne trouvez pas deux hommes, choisissez un homme et deux femmes (...) Si l'une des deux femmes se trompe, l'autre lui rappellera ce qu'elle aura oublié...»

N  - Non. C’est vrai, les femmes sont plus légères, plus distraites que les hommes…

 E Elle dit  clairement qu’elle n’aimerait pas d'un mari polygame.... Puis finit pas défendre la polygamie si les pulsions sexuelles de l’époux sont trop fortes. C’est préférable à des maîtresses. Elle est convaincue que les femmes sont très malheureuses en Occident, car beaucoup d’hommes ont des maîtresses. Et fort peu de femmes des amants.

 -  Et les violences, l’acide lancé contre les femmes insoumises, les persécutions des chrétiens, les guerres incessantes entre musulmans? -

 - Ce sont des gens qui ne suivent pas l’islam.

C'est un  leitmotiv: l’islam étant parfait, si des musulmans se conduisent mal, c’est qu’ils ne suivent pas son enseignement.

-  Mais tout de même. Mahomet a fait assassiner des opposants politiques, dont une mère de quatre enfants et un vieux poète, et des centaines d’hommes d’une tribu juive…

      - Ce n’est pas vrai! Tu te trompes. (Et dans un rire) : Mais pourquoi tu en veux tellement au Prophète ? Promets-moi d’essayer de comprendre…

Elle pense que Mahomet a fait disparaître l’esclavage.

 - Mahomet a tout de même épousé une fille de 7 ans et consommé à 9. Depuis 14 siècles, suivant ce modèle, des petites filles sont  mariées.

 - Ce que tu ne sais pas, c'est qu'au temps du Prophète, les gens étaient beaucoup plus grands que maintenant. Et les filles beaucoup plus vite pubères.

 - Allah et Mahomet ont dit: lapidation pour les adultères, exécution des homosexuels, des apostats, amputation des voleurs.

      - Les amputations… Mais sais-tu qu’il y a plusieurs avertissements avant? Et pour qu’un adultère soit reconnu, sais-tu ce qu’exige la Loi?

-     - Oui, je sais, quatre témoins. Mais si la personne avoue? La femme qu’a fait lapider Mahomet avait avoué et demandé qu’il la punisse…

     - Ah ben voilà, il devait la lapider! Mais sais-tu ce qu’est la prison à vie? C’est horrible! Lapider, exécuter, ça signifie que la personne paie pour son acte et pourra alors être pardonnée.

Farah avance timidement que ces sanctions de par leur radicalité, pourraient bien être gages de sociétés apaisées, exemptes de vols et d’adultères. J'avoue avoir de la peine à imagine cette sympathique femme approuver dans la réalité ces horreurs.

En fait, elle connaît très mal ses textes, se fiant à ce que lui disent ses imams. Et apparemment, ils puisent plus volontiers à des sources telles le "Muhammad" de Tariq Ramadan, où le prophète  dégouline d'amour, de compréhension et d'empathie, que dans la biographie la plus connue (et reconnue), écrite par Ibn Ishak au VIIIe siècle. Où les acte de Mahomet, tout en étant justifiés, sont nettement plus sanglants.

Le discours au final n'est pas très cohérent et empli de convictions erronées. Mais il démontre que les imams genevois comme tant d'autres savent avec un art consommé instiller cet islam archaïque qui rejoint celui des pays décrits dans le papier précédent.

Ce qui ne laisse pas d'inquiéter.

 

 

 

18/09/2013

III. Une enquête montre la force de l'attachement à l’islam littéral

Les fractures entre civilisations occidentale et musulmane se sont élargies au cours des siècles. En Occident, au travers de tourmentes parfois sanglantes, une séparation progressive des pouvoirs religieux, politique et judiciaire s’est produite. En même temps, des valeurs qui ne basent pas leur légitimité sur la religion chrétienne se sont imposées: égalité entre hommes et femmes, liberté de conscience, athéisme, acceptation des cultures, égalité religieuse, liberté des mœurs… L’ensemble des droits garantis par la charte universelle des droits humains.

Les réponses exprimées dans une enquête de l’institut américain Pew, «The world’s muslims: religion, politics and society», montrent au contraire à quel point la Loi divine dans ses aspects les plus rigoureux imprègne encore les esprits musulmans. Et les échos venus des imams et autres cheiks de ces pays n'annoncent pas un proche détachement des  prescriptions les plus discutables de cette religion.

 Sur 39 pays examinés par Pew, j’en ai choisi 12 (j’ai laissé entre autres de côté les Balkans et l’Afrique): Egypte, Jordanie, Maroc, Tunisie, Irak, Afghanistan, Pakistan, Malaisie, Indonésie, Bangladesh, Thaïlande et Turquie. Mes raisons:

    - Leur poids dans la sphère musulmane est lourd
    - Ils font régulièrement l’actualité, parfois porteuse d’espoir, parfois désespérante.
     - Les ressortissants de certains pays (Turquie, Pakistan, pays arabes) forment l’essentiel des communautés musulmanes d’Europe et gardent un fort attachement à leur pays d’origine.
     - J'ai inclus les minorités musulmanes thaïlandaises qui montrent une radicalité inquiétante. Elles augurent de lendemains sanglants (comme c'est aussi le cas aux Philippines).

 J’ai déjà traité du stupéfiant radicalisme des Palestiniens des Territoires et de Gaza.Je n’y reviendrai pas.

 Je mettrai en exergue les convictions des Tunisiens et des Turcs qui ont vécu durant des décennies les uns un islam très libéral et les autres une laïcité imposée. Ma question: l’empreinte de ces périodes est-elle forte et donc porteuse d’espoir?

 

L’égalité entre homme et femmes? Un rêve si lointain

L’un des fondamentaux de la religion musulmane est la soumission des femmes au pouvoir des hommes. A la question: «Une femme doit-elle toujours ou la plupart du temps obéir à son mari?», les scores sont ébouriffants! Une écrasante majorité de musulmans (et musulmanes!) approuvent, dans tous les pays considérés, dont 93% de Tunisiens et deux Turcs sur trois.

Le droit au divorce pour les femmes n’est pas acquis (dans les textes, seuls les hommes ont ce pouvoir de décision). Plusieurs pays le refusent à une forte majorité, dont la Malaisie, l’Irak, l’Egypte, la Jordanie et le Pakistan. Les Marocains, les Bengalis et les Libanais sont plutôt progressistes en la matière. La Tunisie se distingue avec quatre musulmans sur cinq favorables au divorce initié par les femmes, et la Turquie la coiffe au poteau avec 85%.

La Malaisie témoigne d'un fort dogmatisme. On l’imaginerait pourtant plus égalitaire. En réalité, ce pays connaît une dérive dramatique vers l’islam littéral, ce que ce sondage confirme. Sur le terrain, les tribunaux basés sur la charia deviennent de plus en plus puritains : des femmes ont été condamnées à la bastonnade pour relation extraconjugale ou pour avoir bu une bière, la polygamie progresse, les Oulémas et leur séides promeuvent les mutilations sexuelles (très répandues), les minorités ethniques et religieuses subissent une ségrégation institutionnalisée et des agressions croissantes.

L’avortement reste un extraordinaire tabou, qui pénalise toujours les femmes. Il n’est accepté que par 0 à 6% des sondés dans tous les pays, avec l’étonnante exception du Bangladesh, 18%. Favoriser les fils dans l’héritage? Là encore, la discrimination reçoit un accueil chaleureux, notamment par les Marocains (oui à 80%) suivis par la Tunisie – ni le roi du Maroc, ni Bourguiba, n’ont osé toucher à ce principe. Les plus favorables à l’égalité sont l’Indonésie (76%), la Thaïlande, mais surtout la Turquie: 88%.

La polygamie, pourtant autorisée par le Coran, ne fait pas l’unanimité. Elle est moralement acceptable pour 66% des musulmans thaïlandais, mais pour moins de la moitié des Malaisiens et Jordaniens (46%). Dans la plupart des pays, elle est davantage approuvée par les hommes. Tunisie: 28% l’acceptent, Turquie: 13%

Les crimes d’honneur qui conduisent la famille à assassiner une de ses filles (rarement un homme) pour venger son honneur, remportent un nombre inquiétant de suffrages chez les Afghans, Irakiens, Thaïlandais, Libanais, Pakistanais et Jordaniens (dans ce dernier pays, où la loi est très laxiste, seuls 5% des sondés pensent que le crime est justifié si le coupable est un homme). Tunisie: justifié 28%, Turquie: 18%. Les plus opposés sont l’Indonésie et le Maroc, 8% et 9%.

La liberté religieuse est un vœux pieux. Une majorité, parfois écrasante, ne voudrait pas du mariage d’une musulmane avec un non-musulman, dans tous les pays.

De manière surprenante en revanche, une majorité se dessine dans de nombreux pays pour laisser aux femmes le choix de porter ou non le voile. Les plus favorables se situent à une écrasante majorité au Maroc, Indonésie, Thaïlande et Malaisie. On trouve les plus réticents (moins de la moitié) en Afghanistan, Irak, Jordanie et Egypte.

89% sont partisans de cette liberté en Tunisie et 90% en Turquie.

 

La charia et ses sanctions

L’islam n’est pas seulement une foi, c’est une loi. Pouvoir religieux et politique n’étant pas séparés, elle ordonne, sur terre déjà, des sanctions, dont des châtiments physiques tels que le fouet ou la mort sous diverses formes. Pour nous, imaginer une seule exécution d’homosexuel, une seule séance de fouet est terrifiant. Pour d’innombrables musulmans, la charia l’impose. Or, la quasi totalité de notre échantillon désire que la charia soit la loi officielle de leur pays. Tunisie: 56%. Les moins enthousiastes sont les musulmans libanais (29%). Seuls 12% des Turcs la souhaitent.

Ces musulmans contestent-ils des châtiments aussi cruels que la mutilation ou le fouet pour punir le vol? Les résultats sont tout de même sidérants. J’y suis favorable disent 85% des Pakistanais suivis des Afghans, Egyptiens et Malaisiens (61%).

Une majorité civilisée se trouve en Tunisie, 28%, et surtout en Turquie, 12%.

De même, la lapidation pour adultère, remporte les suffrages du Pakistan (86%), d’Afghanistan, d’Egypte et de Jordanie. Encore 28% en Tunisie, 9% en Turquie. La mort pour apostasie est plébiscitée en Egypte (88%), Jordanie, Afghanistan, Pakistan. Tunisie : 29%, Turquie: 89%... d’opposants.

On peut constater que malgré les dérives islamistes d'Erdogan, les Turcs sont clairement les plus éloignés des pires maux de l’islam littéral. C’est rassurant. Quant à la Tunisie, ses habitants sont en général plus progressistes que les autres pays, mais une proportion importante reste fidèle à certaines prescriptions inacceptables. 

Moralité version islamique

Cette partie, qu’est-ce qui est moral ou immoral (troisième possibilité : rien à voir avec la morale) est aussi révélatrice du précipice qui nous sépare des musulmans, à commencer par l’impossibilité pour beaucoup d'entre eux d’imaginer qu’un être humain puisse être à la fois athée et doté de morale. Ainsi, à la question «Est-il nécessaire de croire en Dieu pour être moral?», tous disent oui à plus de 60%. Tunisie: 82%, Turquie 70%. 

Le divorce (autorisé, mais fermement condamné par le Coran) est moralement inacceptable pour 71% des Pakistanais. Tous les autres l’acceptent en majoirté. 

L’alcool n’est pas acceptable pour la quasi-totalité des pays, autour de 90% ou plus. Idem pour le suicide, le sexe hors mariage et l’homosexualité. Par comparaison, les libertés occidentales sont donc parfaitement immorales. Et le terrain bien favorable à l'hostilité envers l'Occident.

La plupart des pays estiment que les adeptes d’autres religions sont très libres de la pratiquer chez eux. Et ils pensent à une écrasante majorité que cette liberté de religion est une bonne chose… Or, elle est interdite par la charia et n'existe dans aucun de ces pays.

Prosélytisme. Une majorité écrasante, sauf en Indonésie (31%) et en Turquie (39%) pensent qu’ils ont le devoir de tenter de convertir les autres à l’islam. Tunisie: 73%. Dans la quasi totalité de ces pays, des lois sévères condamnent le prosélytisme d’autres religions.

Selon cette enquête, les pays dont la population musulmane exprime les conceptions les plus radicales, sont le Pakistan, l’Egypte, l’Afghanistan, la Jordanie, la Malaisie, la minorité thaïlandaise et l’Irak.

Ces constats permettent de comprendre pourquoi, lorsque l’islam dans sa version littérale est enseigné, la détestation de l’Occident est si facile à instiller dans les petites et grandes têtes des croyants.

Toute l’Europe doit affronter cette implantation croissante de l'islam archaïque. Pour ceux qui voudraient savoir comment et avec quelles complicités, voir « Boulevard de l’islamisme. L’essor du totalitarisme islamique illustré par l’exemple ».

Pourquoi cette permanence de l'islam archaïque?

 

Je me pose depuis longtemps cette question: comment est-il possible au XXIe siècle que des musulmans, et beaucoup semble-t-il, soient partisans de prescriptions totalement contraires aux droits humains et parfois carrément abominables ? Être tuée pour avoir fait l’amour avec son voisin, par exemple, me semble surréaliste. Imaginer une amputation me fait blêmir d’horreur.

Pourtant, cet islam persiste non seulement en terres musulmanes, mais dans nos sociétés. Témoin l’incroyable influence des Frères musulmans.

J’ai trouvé quelques lumières dans des ouvrages d’une grande richesse. Et d'autres éclairages dans une enquête et un entretien avec une musulmane. Des fragments, bien sûr, vu l'ampleur de la problématique, mais très révélateurs me semble-t-il.

Pour changer des séries américaines, voici donc la mienne: quatre articles, qui traiteront des sujets suivants :

1.   Quelles sont les caractéristiques de la vision islamique du monde qui la séparent radicalement de la nôtre?

2.   Que savons-nous historiquement de l’homme Mahomet?

3.   Quelle est le degré d'adhésion des populations musulmanes à l'islam des origines?

4.   Cet islam littéral (et radical) peut-il imprégner, et comment, les musulmans européens?

 

I. Evolution-involution

et fractures de civilisations

 

C’est en lisant René Marchand «Reconquista ou mort de l’Europe», que les premières lumières se sont allumées.(1) De faits connus, il fait surgir une clé de compréhension. Reçue comme une évidence.

Nos deux civilisations, observe-t-il, se différencient dans leur représentation du temps. L’Occident fonctionne sur le mode passé, présent, avenir. Il voit un continuum historique et envisage le futur comme meilleur que le présent.

Rien de tel dans l’islam pour qui l’histoire est coupée en deux: le passé de la sauvagerie et de l’ignorance, avant la Révélation, et le temps d’après où doit être mise en œuvre cette Révélation.

La société parfaite que les musulmans doivent atteindre a existé: c’est l’État qu’a fondé Mahomet à Médine où son pouvoir n’a cessé de croître entre 622 et sa mort en 632.

Sur quoi se base cette Révélation? Sur le Coran (incréé, intouchable) et la Sunna (récits des actes et des paroles de Mahomet ). Ils s’inscrivent dans la Charia qui rassemble l’ensemble de la Loi divine.

Les hadiths, rassemblées dans la Sunna, sont nés après la mort de Mahomet. Ils sont destinés à répondre aux mille et une questions que n’aborde pas le Coran, qu’il s’agisse de comportements quotidiens ou de problèmes religieux et politiques. Racontés par des révélateurs charismatiques ou des inventeurs intéressés, les hadiths se sont multipliés et ont connu un succès public croissant. Des spécialistes se sont mis à la rude tâche d’en «sélectionner» quelques milliers validés par la chaîne des transmetteurs. La «Sunna» qui les rassemble indique que les vainqueurs des contestations théologiques sont les sunnites, mais le contenu est sauf exceptions accepté aussi par les chiites.

 Pas de loi humaine qui contredirait la Loi divine

 Dans cette entreprise, la tendance la plus dure l’a emporté. L’ensemble de la Loi née du Coran et des hadiths a été fixée au Xe siècle. Elle n’a plus bougé. Les législateurs religieux ont accentué le caractère indiscutable des textes jusqu’à décréter que quiconque met en doute le caractère incréé du Coran et l’infaillibilité du Prophète (donc de ses hadiths) est un apostat et mérite la mort.  La loi humaine ne peut remettre en question la Loi divine.

Dans cette vision, il n’existe ni innovation, ni prospective. Lorsqu’une nouvelle question apparaît, le juriste se plonge dans les textes de la Révélation et de ses confrères théologiens. Il argumente, cite mille et une références, et indique la voie à suivre -en réalité souvent celle qui correspond à sa propre conviction. Il produit une fatwa.

Par exemple, lorsqu’un croyant demande s’il est autorisé à serrer la main de l’autre sexe, un geste qui peut pousser au pire si une effluve d’érotisme passe, le savant Al Qaradawi retourne au Coran et aux hadiths, pond une interminable démonstration et conclut entre autres qu’il n’existe aucune preuve que Mahomet ait jamais serré la main d’une étrangère.

Après le Xe siècle, aucune contestation du dogme n’a été tolérée. Et les changements politiques  importants se font sur l'idée que seul le retour au "vrai islam", pur, authentique, résoudra les problèmes.

Cette vision du monde qui conduit systématiquement au retour à la Révélation , Marchand le qualifie d’involution, le contraire de marchand,involutionl’évolution qui met en mouvement la civilisation occidentale. Cette involution explique qu'après un millénaire, les dogmes, les rituels, les règles morales en pays d'islam soient les mêmes. Et aussi que ces pays stagnent économiquement.

 Deux types d’humains : les musulmans et les autres

Autre caractéristique majeure: dans l’Islam, c’est non seulement le temps, mais l’humanité et la Terre qui sont coupés en deux.

-   Les musulmans, hommes pieux, moraux, élus d’Allah, sont d’une essence supérieure aux autres hommes.  Ils ont toujours été en conflits entre eux, mais se retrouvent unis contre les «infidèles».

-         - Toute l’humanité non-musulmane est promise à l’enfer. Il est préférable de ne pas la fréquenter. L’Autre est un danger.

-        - La Terre est divisée en deux : la Maison de l’Islam et la Maison de la guerre. Il est obligatoire de mener la guerre, le djihad, pour l’expansion de l’islam. «En islam, la guerre est universelle et perpétuelle», écrit Marchand. Mourir au combat pour Allah assure le paradis.
Les peuples soumis (les dhimmis) subissent de nombreuses discriminations et humiliations.

-       - L’islam comme son prophète sont parfaits. Qu’il s’agisse des razzias, du statut des femmes, des assassinats politiques, du traitement des juifs (déjà honnis), de l’esclavage l'islam aurait inventé cette rareté: l'esclave heureux»(4)), Mahomet a fait tout juste, il a des raisons divines pour tout. Cette manière de présenter l’histoire passée et présente en exonérant l'islam de toute responsabilité perdure aujourd’hui.

-      -  La fierté d’appartenance à cette civilisation est extraordinairement forte. Cette fierté, cet attachement à son identité, sont aussi le fait des autres civilisations… à l’exception hélas de la nôtre.

 

(1) Editions Riposte laïque

(2) Jean-Pierre Péroncel Hugoz, Le Radeau de Mahomet, 1983

 

09:59 Publié dans Analyse | Tags : marchand, involution | Lien permanent | Commentaires (46)

15/09/2013

II. Mahomet, un éclairage historique

 

Que connaissent les historiens des débuts de l’islam et de l’histoire réelle de Mahomet? La gageure est de distinguer le récit religieux de la réalité. Diverses méthodes sont décrites dans une annexe de l’ouvrage de l’Allemand Tilman Nagel «Mahomet. Histoire d’un Arabe, invention d’un prophète», publié en 2012 aux éditions Labor et Fides. Cet auteur, dont je tire sans mention contraire les citations de ce papier, est d’une formidable érudition. J'espère dans ces quelques lignes ne pas le trahir.

Pour lire cette biographie, il faut s’accrocher: le carrousel des noms arabes, des tribus, des personnages, les subtils examens des sourates et des versets tournent la tête du non-spécialiste. Mais s’accrocher en vaut la peine.

Nagel relie la biographie de Mahomet au texte du Coran et inscrit nagel,histoire,biographiel’une et l’autre dans leur contexte (événements, coutumes, religions). Il met en lumière l’influence des fidélités tribales et claniques, ainsi que l’importance du lignage dans l’action du prophète, dans l’évolution de sa pensée et des rites et croyances qu’il enseigne.

La vie d’un homme

La vraie vie de Mahomet montre l’ambition d’un homme convaincu d’être le messager d’Allah, puis son prophète, et qui va réussir à prendre le pouvoir au prix de diverses stratégies qui comprennent les razzias (le butin lui attirera de nouveaux "croyants"), des assassinats politiques et  l’abandon de règles respectées jusqu’alors par les Arabes.

Très vite s’affirme la prétention de la nouvelle religion à intégrer tous les aspects de la vie. Et Allah par son prophète qualifie ses adeptes de «meilleure communauté».

A Médine où Mahomet s’installe après avoir été chassé de la Mecque, il conquiert le pouvoir « grâce à des circonstances heureuses et à une portion considérable de froide détermination ». Il supprimera par exemple la présence des trois tribus juives qui y vivaient. Il ira jusqu’au massacre des Banû Quraiza qui tombent entre ses mains après trois semaines de siège. Il ordonne et assiste à la décapitation de tous les hommes et jeunes hommes pubères, 600 à 700, une tuerie qui durera de longues heures. Les femmes et les enfants sont vendus en esclavage.


Combattre pour l’islam : une obligation

Le djihad devient une obligation pour les musulmans, de nombreux versets en témoignent. « La nécessité d’étendre la «meilleure communauté» à toute la terre habitée est la conséquence de la position dans l’histoire qu’Allah a assignée à son Envoyé et Prophète. Les circonstances de la vie de Mahomet exigent que cette extension passe -au moins aussi- par l’usage de la violence physique, une manière d’agir qu’Allah apprécie au plus haut point et qu’il récompense; on la désigne par le terme de djihad. » La communauté vivra du butin des combats remportés et du produit des terres qu’elle s’approprie et fait cultiver par les vaincus.

Dans cette communauté «conçue comme une immense tribu», le rang est déterminé par l’ascendance paternelle et par le degré de zèle religieux. «Pour protéger cet ordre tribal de tout trouble, le contrôle total des femmes est indispensable».

Dans un langage qui rompt avec celui de l’historien, on peut dire que les chevilles de Mahomet enflent au fur et à mesure que sa domination s’étend. A la fin de sa vie, «l’identification de son pouvoir souverain avec celui d’Allah est totale». Les sanctions infligées à ceux qui transgressent sont drastiques: mutilation des voleurs, fouet pour les relations sexuelles hors mariage, les faux témoignages et la consommation d’alcool, lapidation pour les adultères. "Tuer, mutiler ou expulser quiconque est soupçonné de ne pas être fidèle à Allah et à son Envoyé, voilà la punition efficace avec laquelle Allah défend sa "frontière"».

Les hadiths ou la suppression du droit de penser

Mahomet n’avait pas de fils, il n’a pas désigné de successeur. Sa mortnagel,histoire,biographie (632) ne marque pas seulement le début d’immenses conquêtes, mais celui aussi de multiples guerres, contestations théologiques, assassinats. Le camp des sunnites en sortira vainqueur.

Le Coran ne répondait pas à de nombreuses questions. Un exemple, lié au riche butin féminin que rapportent les conquêtes: le fils d’un maître conçu avec une esclave a-t-il droit à une part d’héritage? Peu à peu surgissent en guise de réponses des récits d’actions et de paroles de Mahomet, les hadiths. Ils touchent non seulement l’aspect religieux, mais toute la vie profane des croyants.

Les hadiths connaissent une faveur extraordinaire auprès du public au point de concurrencer le Coran. Ils vont se multiplier à une vitesse d’enfer, jusqu’à plusieurs centaines de milliers selon René Marchand. Une méthode est imaginée pour asseoir la validité d’un hadith: la recherche de la chaîne de ses transmetteurs.

Les hadiths accentuent le caractère intransigeant des prescriptions coraniques et sont parfois opposés à elles. Un exemple: le Coran sanctionne les adultères par le fouet alors que Mahomet ordonnera des lapidations. C’est cette sanction que retiendront les législateurs religieux. Les hadiths ne sont pas des traditions historiques authentiques, mais ressortissent au contraire d’une «annihilation de l’histoire». *

Un homme faillible devient prophète infaillible

Mahomet est promu par le biais de ces hadiths prophète infaillible et modèle éternel. Les textes fondateurs -biographies par exemple- seront écrits en conformité avec ce présupposé. Quels que soient les méfaits commis par l'Envoyé, ils étaient justes et nécessaires.

La société dirigée par le Prophète à Médine devient la référence ultime de la société parfaite qu’il faut recréer. «L’application inlassable du Coran et de la sunna, en prenant en compte si nécessaire l’avis unanime des compagnons du Prophète, qui vivaient à une époque salutaire où la droite direction divine était immédiate, va faire revenir ce temps, ce qui est le but suprême de toute juridiction et de tout gouvernement musulmans.»

Imiter Mahomet est le socle sur lequel repose l’islam. Il enserre le musulman dans un corset de normes où la peur de l'enfer est omniprésente.

La matière religieuse est «énorme, embrouillée, difficile à canaliser d’une façon cohérente», ce qui donne aux «savants» un pouvoir majeur sur les croyants. Ces religieux en arrivent à considérer que critiquer le prophète, même en citant des circonstances historiques, requiert la mort. Les quatre écoles juridiques du sunnisme se rejoignent sur ce point. Les nouvelles normes (fatwas) édictées suite à l’évolution des sociétés et des modes de vie ne doivent jamais remettre en question le caractère intouchable de Mahomet… ce qui n’empêche pas qu’elles se contredisent.

Un courant, les mutazilites (VIIIe s.), avait tenté de faire un sort à  cette manière de séparer le Coran de l’histoire et Mahomet de son message. Leur doctrine permettait l’étude historique, par exemple l’explication des incohérences du Coran dont ils contestaient le caractère incréé. Ils eurent une influence importante, mais les «durs» l’emportèrent.

L’imposition de la croyance islamique dans les démocraties

Si l’on se rappelle les innombrables polémiques dans nos démocraties sur la lapidation ou l’apostasie, on comprend mieux les contorsions sémantiques auxquelles se livrent les imams et autres porte-paroles qui tentent de faire croire qu'ils sont à la fois fidèles  à nos normes et à celles de l'Islam. Comment dire: «Je condamne ces sanctions, je suis opposé à la mort si l’on quitte l’islam ou si une femme épouse un non-musulman, je suis favorable à l’égalité entre hommes et femmes et à la mixité, etc. etc.», sans mettre en cause l’irréfutable Loi divine, sans devenir un apostat?

La vénération de Mahomet se traduit aussi par la volonté d’interdire sa critique dans nos sociétés. Rappelons-nous les caricatures danoises ou la bande-annonce intitulée «L’innocence des musulmans» (à défaut de la réalisation, le titre est si bien trouvé!). Rappelons-nous les innombrables tentatives d’interdire telle production artistique qui remet en question le Beau Modèle et ses disciples.

L’islam a emprunté un chemin "pavé d’interdictions de penser et de critiquer», observe Nagel. Un chemin que beaucoup de musulmans ici voudraient nous obliger à suivre. Un chemin que grâce au concept d’islamophobie, l’ONU, l’Organisation de la conférence islamique (OCI), de même que l’Union européenne tentent d’imposer. Avec la complicité d’innombrables soutiens qui militent pour l’exonération de l’islam et de ses disciples de ce droit de critique.

 

* Jean-MarcTétaz, préfacier et traducteur de Nagel

13:09 Publié dans Analyse | Tags : nagel, histoire, biographie | Lien permanent | Commentaires (5)

08/09/2013

Réfugiés de Syrie: pourquoi pas des chrétiens?

 

Simonetta Sommaruga voudrait accueillir 500 Syriens et leurs familles, de préférence des parents des 2000 compatriotes déjà installés en Suisse et/ou des citoyens traumatisés (soit à peu près tous). Personnellement, sur deux millions, je ne vois pas très bien quel sens ce geste représente Un nano symbole, et un critère (la parenté) absurde..

En revanche, j'aimerais beaucoup savoir pourquoi les heureux élus ne sont pas les plus en danger, soit les chrétiens qui sont pourchassés et tués et n'ont aucune garantie de revivre normalement dans leur pays. Ces minorités systématiquement discriminées en temps normal sont désignées bouc émissaire en cas de troubles (cf Egypte, Irak, Liban -11 morts récemment- etc.)

Les chrétiens syriens seraient 450'000 à avoir fui leur maison. Ils sont persécutés. En accueillir est un devoir de la part des  Européens.

Ce geste là aurait un sens et donnerait  un signal humaniste à tous ces pays qui discriminent, incendient les églises et tuent, tout cela au nom du Coran.

03/09/2013

Syrie : n’y a-t-il qu’un responsable du désastre ?

Il est une affirmation répétée des milliers de fois sur laquelle je m’interroge : « Bachar El Assad massacre son peuple, détruit son pays et cause plus de 2 millions de réfugiés. » 

Les « rebelles » n’ont-ils pas la moindre responsabilité dans cette tragédie ?  S’ils ont pu espérer durant les premiers mois qu'ils réussiraient à faire "dégager" Assad, il s’est avéré assez vite qu’ils avaient affaire à un tout autre adversaire que Moubarak ou Ben Ali. Le maître de Damas était fermement décidé à défendre son pouvoir et il en avait les moyens. Mais les « rebelles » voulaient la victoire à tout prix… le prix aussi de la destruction du pays, de la mort de milliers de civils et de l’exil de millions d’autres. Jamais ils n’ont pu se mettre d’accord pour tenter ne serait-ce qu’un round de négociations. 

 Mais il y a pour de nombreux journalistes et analystes un deuxième coupable, et ce ne sont pas les rebelles, c’est la « communauté internationale » accusée d’être responsable de l’afflux islamiste pour n’avoir pas mis rapidement ses moyens militaires au service des adversaires d’Assad . Dès le moment où ceux-ci ont compris qu’ils ne gagneraient pas, l’appel à l’intervention occidentale (par ailleurs honni pour ses autres interventions) a retenti pour ne plus jamais cesser.

Après le naufrage lybien, l’idée même d’une intervention militaire paraît insensée. Et c’est celui qui a payé le plus lourd tribut  -au Mali- à la disparition du régime de Khadafi qui depuis des semaines piétine d’impatience à l’idée de récidiver. Quelques autres s’agitent, menacent, mais se gardaient bien jusqu’ici de se lancer ouvertement dans la mêlée.

Et voilà qu'Assad franchit « la ligne rouge » et commet un crime  contre l’humanité par utilisation de gaz chimique. « Il faut lui donner une leçon et l’affaiblir », clament trois pays … puis les seulement les Etats-Unis et la France, encore, qui semble décidément rêver de se jeter dans ce guêpier.

Imaginons Assad affaibli, Assad vaincu. Qui prend le pouvoir ? Cet honorable journal avance que la moitié au moins des rebelles sont des djihadistes (100'000 sur 200'000). Eux qui égorgent, incendient, torturent et persécutent auraient-ils le moindre scrupule à utiliser des gaz chimiques contre les alaouites, les chrétiens ou les Kurdes ? Et s’ils préfèrent massacrer sans gaz, sera-ce moins grave ?

De même si les sunnites moins fanatiques l’emportent, que feront-ils aux alaouites qui les ont si longtemps opprimés et qui font  chaque jour des victimes dans leurs rangs ? Le bon sens oblige à poser l'hypothèse que leur liquidation pourrait être au programme. Avec ou sans gaz.

 

 


 

 

21/08/2013

Tariq et le préservatif

 

 Tariq Ramadan, le «professeur d’Oxford», fait la tournée des popotes médiatiques pour expliquer sa vision de la situation égyptienne. Il était ce mardi à la TSR.

Darius Rochebin, un peu perdu dans ses notes, fait remarquer au copain des Frères musulmans que l’armée a commis «des horreurs» en obligeant des manifestantes à des contrôles de virginité. Mais qu’il y a aussi «des horreurs» du côté des Frères quand ils veulent condamner les femmes à obtenir l’accord du mari pour voyager, ou condamner «le droit des adolescents à avoir accès aux contraceptifs »…

Le mari interdit à sa ministre-épouse de décoller

 Là, vous êtes un peu estomaqué... pas par la première interdiction, bien connue en islam. On a même vu une ministre de Moubarak être empêchée durant deux heures de décoller, son mari refusant de lui donner la permission.

En revanche, on n’a jamais entendu un parti musulman autoriser des jeunes gens à faire l’amour («forniquer» comme ils disent joliment) sous peine de rudes sanctions. Alors, imaginer des islamistes laisser libre accès aux préservatifs… Ce n’est pas horrible, c’est surréaliste!

 Vous avez dit horreur?

Les Frères musulmans défendent en revanche certains préceptes  vraiment horribles, comme priver les femmes de toute autonomie, les exclure de l’espace public, contrôler leur sexualité, et tout le reste de la Loi divine (héritage, témoignage, obéissance au mâle, autorisation à celui-ci de la battre, etc.) et punition des récalcitrantes selon les normes de la charia.

 Le professeur d'Oxford allait-il rectifier à propos des préservatifs pour ados? Que nenni! Il utilise aussitôt les deux exemples «d’horreurs» pour faire avancer son schmilblick politique: «Attention, les positions dont vous parlez, ne sont pas celles des Frères musulmans, ce sont celles des salafistes!» (ses ennemis wahhabites)

Et en bouquet final: «Ces positions n’ont rien à voir avec l’islam!»

 On s'étrangle... Mais pas Rochebin.

 Le prosélyte invité comme expert

J’avoue être toujours  surprise de cette convocation systématique par nos médias de l’un des prosélytes les plus dangereux de notre époque, frère des Frères musulmans, comme s'il était un expert scientifique. Or, toutes ses convictions fondamentalistes –qu’il exprime rarement devant les journalistes il est vrai- sont accessibles. Je ne résiste pas, puisqu’il parle des mœurs salafistes, à signaler les siennes.

En islam, la contraception est interdite

Dans un livre-entretien avec Jacques Neyrinck (1999, régulièrement réimprimé depuis lors), le futur professeur d'Oxford dévoile les interdits. Il rappelle qu’en islam, l'usage de la contraception est prohibé. Mais il existe, précise-t-il, des autorisations exceptionnelles accordées par les religieux, à condition que l’usage de la contraception soit «naturel». Le professeur ne condamne pas la polygamie, ni l'interdiction de l’homosexualité, ni l’interdiction qu’une femme épouse un non-musulman, ni l’interdiction d’avorter "sauf dans la situation, établie par consensus entre les savants, où la vie de la mère est en danger." Il pense que les cautèles mises par sa religion à la lapidation et à l’amputation les rendent presque irréalisables, et rappelle : "La fornication et l'adultère sont des choses très graves devant Dieu…"

Pour son livre Frère Tariq, Caroline Fourest a fait d'autres trouvailles dans les cassettes et conférences du prédicateur. Il conseille aux filles de ne pas participer aux activités sportives, et à ses troupes d’éviter les touchers de paumes mixtes: «Essayez de l’éviter, mais quand on vous tend la main, vous donnez la main.» Il condamne les relations sexuelles avant le mariage - mais pas les préservatifs pour ados?- et la présence d'un homme et d'une femme non mariés seuls dans une pièce. Il s'oppose à la fréquentation des piscines mixtes et ceci pour les deux sexes.

Le modèle d’émancipation des musulmanes? Vous ne devinerez pas!

Lorsque Neyrinck tente de trouver un modèle où le sort des femmes ne serait pas trop dramatique (Turquie? Tunisie?, suggère-t-il), le futur professeur d'Oxford lance tout de go: l’Iran: "l'évolution du statut des femmes iraniennes a été particulièrement impressionnant" (…) "l'Iran est sans doute l'un des pays musulmans qui a fait le plus de progrès, ces vingt dernières années, quant à l'évolution des droits de la femme (…) L'évolution, lente, pénible, mais réelle, se fait de l'intérieur du champ de référence musulman." Oh merci et encore merci Ruhollah!

 Pas d’amputation avant cinq ans, dit le savant

Ram_Qar.jpgHors mœurs et statut des femmes, on rappellera que Tariq est un  admirateur de Al Qaradawi, l'un des plus influents et l'un des plus radicaux des «savants» sunnites. L’année dernière, il a inauguré avec lui au Qatar un «Centre de recherche pour la législation islamique et l’éthique». Qaradawi a déclaré après la Révolution égyptienne: «Je pense que durant les cinq premières années, il ne devrait pas y avoir de mains amputées. Cette période doit être consacrée à l’enseignement.»

Devinette. Avec ce genre de convictions, diriez-vous que Tariq est Frère musulman ou salafiste ? Question subsidiaire: quelle différence pour les femmes et les humanistes?

 

La chaire du professeur d'Oxford aurait été achetée selon certaines sources bien informées...

Les idées et citations de TR sont empruntées à « Islamophobie ou légitime défiance?»

18/07/2013

L'insoutenable légèreté du journaliste

 

Après lecture d'"Islamophobie ou légitime défiance?, une connaissance me pose cette question:  "Les journalistes dont l'investigation est le métier prennent-ils la peine de se renseigner là ou chacun peut le faire? Que signifie cet aveuglement volontaire? C'est tout de même grave."

L'aveuglement, volontaire ou non, se manifeste déjà pleinement dans la polémique suscitée par l'initiative de Pierre Weiss. Rappelons que le député souhaite le vote d'une loi qui interdirait le foulard à l'école, à l'image de la loi française. ll fera la proposition à ses collègues de parti à la rentrée.

Rappelons aussi que 82% des lecteurs de la Tribune de Genève (3500 personnes) qui ont participé à un sondage se sont prononcés pour l'interdiction. Nos édiles, ainsi que l'incontournable Hafid Ouardiri tout juste revenu de sa manif de soutien à Morsi affirment que "le voile ne pose aucun problème à l'école". C'est peut-être exact, surtout si le voile est accepté. Mais ce symbole et probablement l'avancée de l'islam réactionnaire et sexiste pose clairement problème à de fort nombreux citoyens.

Ne serait-ce pas une excellente raison de relancer le débat? Et l'occasion que nos journalistes posent enfin des questions de fond: le lien entre foulard, burkini, burqa, par exemple?

Voir une petite fille ou une femme en foulard, c'est la regarder d'abord comme fille et femme musulmane et pas comme être humain à l'image des autres. Pourquoi séparer par ce vêtement, par ailleurs symbole millénaire de la disrimination des musulmanes, et qui est pour cela ressenti par beaucoup comme une provocation?

Et que disent nos femmes volontaires des versets et hadiths misogynes? Un journaliste les leur citera-t-il un jour pour le savoir?

Leur demandera-t-il si elles ont remarqué que plus un mouvement est islamiste et plus l'obligation de couvrir les femmes est impitoyable?

Leur demandera-t-il pourquoi on les entend si peu protester contre les discriminations qui frappent leurs soeurs dans les pays musulmans? Pourquoi une telle absence de combat contre les mutilations sexuelles qui concernent quelque 300 million de musulmans?

Lorsque Lucia Dahlab, toujours en foulard et robe informe, a été présentée par les Verts au conseil municipal (ils récidivent cette année pour le parlement), j'ai lu de forts nombreux articles.

Ils se contentaient,dans un ensemble touchant, d’activer la glande lycrymale de leurs lecteurs en leur rappelant les terribles souffrances que Dahlab endure depuis qu’elle doit ôter son foulard en classe. Pas une fois je n'ai lu cette interrogation ô combien basique: "Pourquoi Dieu demande-t-il aux femmes de cacher leurs cheveux et leur corps?"

Voilà une femme qui se dit "féministe", mais qui défend aussi le burkinini, "signe d'intégration".

Pour en revenir à l'école, on citera  Georges Duasquier, alors président de la Société pédagogique genevoise, qui se déclare opposé au burkini à l'école (polémique du moment),  parce qu'il enfreint les règles de neutralité et la garantie de l’égalité des sexes. Et d'ajouter: «On peut encore, même si c’est compliqué, négocier la demande de douches et de vestiaires individuels pour des questions de pudeur (…) On peut convaincre, concevoir des dérogations (…) j’ai été confronté il y a quelques années à des parents qui ne voulaient pas mettre leur fille en camp de ski parce que j’étais un enseignant mâle (…) J’ai cherché à comprendre et donné des garanties, par exemple, qu’il y aurait aussi un encadrement féminin.»

Si nous entendons si rarement parler de problèmes dans les écoles ou ailleurs, n'est-ce pas surtout parce que l'effroyable crainte des supérieurs est que "ça sorte dans la presse"?

Si la loi est déposée et débatttue, attendons-nous à une vaste tentative de rééducation du peuple. Un peuple qui comme ceux des autres pays d'Europe a de la peine à avaler l'image d'une religion pacifique, tolérante et égalitaire.


Pour quelques semaines, j'abandonne ce blog et mon combat pour la démocratie, la liberté et l'égalité entre hommes et femmes. Que les dieux soient avec vous!

 

 

 

 

 

 

12/07/2013

Foulard islamique, quelle est la question?

Ainsi donc, le Tribunal fédéral a levé l'interdiction faite à deux jeunes musulmanes de porter le voile à l'école. Il estime qu'il faut une loi cantonale pour qu'un tel bannissement soit valable. Une décision qui ne se prononce pas sur le fond, mais ravive le débat.

Les juges en ont longuement débattu, mais ont finalement renoncé à se prononcer sur cette question: est-ce qu'une interdiction est contraire à la liberté religieuse?

Pour moi, la vraie question est: est-ce qu'une autorisation est contraire à l'égalité entre hommes et femmes? Et il me semble que ce serait plutôt au peuple qu'aux juges de répondre.


Que tolèrent les tolérants?

Beaucoup nous chantent la nécessaire victoire de la tolérance  contre l'intolérance, contre la xénophobie, voire "la peur de l'autre".

Tolérante, j'avoue que je ne le serai jamais avec les sexistes. Accepter en se bouchant les oreilles et en fermant les yeux le formatage de ces filles à la soumission,  refuser de leur laisser un des rares espaces de liberté et d'égalité est révoltant. Comme l'est le silence assourdissant des féministes dans ces débats.

Les autorités qui autorisent disent en général: "Attention, nous acceptons le foulard, mais pas question de dispenses de natation." Mais pourquoi être ferme sur ces cours alors que les demandes d'exemption ressortissent exactement de la même vision? Couvrir le corps diabloliquement tentant des femmes.

On propose donc par exemple le burkini...

On voit dans les pays musulmans (cf Temps présent de jeudi 11)  que couvertes ou pas, les femmes restent l'obsession des hommes frustrés. Et c'est au final d'être femme qu'elles deviennent coupables.  "Oui, ils nous haïssent, il faut que cela soit dit (...) déclare Mona Eltahawy, Egyptienne d'origine et journaliste, qui a subi les assauts des obsédés de la place Tahrir.

En acceptant le foulard à l'école, c'est l'implantation de cette vision mysogine que favorisent nos sociétés.